Roman sans titre pour l'instant ^^

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Roman sans titre pour l'instant ^^

Message  Cerise Desprès le Jeu 11 Juin - 20:31

Chapitre 1 : Nouvelle rencontre

Je n’ai jamais été très courageuse. Petite,
déjà, j’avais peur du noir et ça n’avait pas changé. Je me maudissais
d’avoir peur. Ma mère m’attendait pour minuit et je savais que j’allais
être en retard. Je pris mon portable pour me faire un peu de lumière et
me rassurer, son horloge m’indiquait qu’il était minuit passé. Je
pestais intérieurement envers mes amies. Elles m’avaient promis de me
ramener mais finalement elles étaient parties avec leurs petits amis
respectifs. Moi je n’avais pas eu beaucoup de petits amis et ça ne
durait jamais longtemps. À chaque fois j’angoissais sur tout et
n’importe quoi. Cette année j’avais laissé tomber, j’attendrais d’être
plus sûre de moi avant de me lancer dans une relation.
Mes pensées
furent interrompues quand je m’aperçus que je venais de rentrer dans
quelqu’un. Je faillis tomber mais il m’attrapa par le bras et me
stabilisa.

« - Ça va aller mademoiselle ? »

Il avait
prononcé ces quelques mots avec chaleur. Il ne m’avait toujours pas
lâché le bras et je ne trouvais pas cette main fraîche ou désagréable,
j’avais si chaud… Il n’avait pas conscience que mon cœur s’était
emballé, qu’à présent il me semblait que j’allais m’évanouir d’une
minute à l’autre. Nous étions si près que je pouvais sentir son parfum
si envoûtant. Il était d’une beauté irréelle. Je levais les yeux et il
plongea les siens dans mon regard. Ils étaient d’un bleu turquoise, je
n’en avais jamais vu de cette couleur. C’était incroyable. J’étais
comme hypnotisée. Je me forçais tout de même à lui répondre pour ne pas
paraître impolie :

« - Oui … j’ai juste la tête qui tourne un peu. Je suis désolée, je ne regardais pas où j’allais…
- Il n’y a pas de mal. Voulez-vous que je reste le temps que vous alliez mieux ? »

Bien
sûr que je voulais qu’il reste ! Malheureusement ma mère m’attendait et
j’étais assez en retard comme ça. Mais si je refusais sa proposition ça
voudrait dire que je ne le reverrais jamais.

« Non ça ira, il faut que je me dépêche, je suis assez pressée… »

Étrangement, il semblait hésiter à me lâcher.

« - Je serais rassuré si je vous raccompagnais chez vous. »

Il
avait l’air tellement inquiet pour moi que ça me paraissait louche.
Pourquoi donc cet inconnu s’inquiétait-il pour moi ? En plein jour,
j’aurais sûrement décidé, par méfiance, de me débrouiller seule. Mais
ma fierté et ma raison semblaient beaucoup s’atténuer dans l’obscurité,
tellement j’étais effrayée, si bien que je finis par hocher la tête
pour lui assigner mon accord. Il me lâcha alors et nous commençâmes à
marcher côte à côte en silence. Je détestais le silence lorsque j’étais
avec quelqu’un, c’est ce qui me poussa à engager une conversation.

« - Vous habitez ici ?
- Non, pas pour l’instant, mais je vais bientôt aménager pas loin d’ici. Je vais au lycée Emile Zola pour ma dernière année. »

La
joie monta en moi, j’allais voir ce bellâtre plus souvent à partir de
septembre puisque nous serions tous les deux dans le même lycée. Il
n’aurait même pas eu besoin de préciser le nom du lycée, puisqu’il n’y
en avait qu’un à Perdinan. Certes nous n’allions sûrement pas dans la
même classe mais j’espérais l’apercevoir de temps en temps…
On
s’arrêtait enfin en face de chez moi, je voyais la lumière de la
cuisine allumée. Je me tournais vers mon compagnon de route mais il
avait déjà disparu. Je le cherchais du regard. Il n’y avait personne,
il s’était volatilisé. Je ne l’avais pourtant pas entendu partir. Il
aurait pu me dire au revoir…

J’ouvris la porte annonçant ainsi à
ma mère que j’étais de retour. Je regardais l’heure : minuit et demi.
Elle va me faire une scène !

« - Cerise ! Tu as vu l’heure ?
- Oui maman… »

Je soupirais de lassitude, elle posait des questions stupides quand elle voulait !

« Ça fait une demi-heure que tu devais être là !
-
Ce n’est pas ma faute si Lola et Alex n’ont pas tenu leur promesse !
Elles devaient me ramener à temps mais elles sont parties avec leurs
copains !
- Bon … Tu veux du chocolat chaud ? J’en ai préparé en trop…
- Je veux bien … »

Je
lui souris tendrement en lui déposant un baiser sur la joue. Elle était
comme ça ma mère, elle s’inquiétait puis elle devenait aussi tendre que
d’habitude. Je l’adorais. Depuis que mon père était parti avec une plus
jeune, nous nous étions considérablement rapprochées. On avait des
moments de tendresse où le soir je me glissais dans son lit et on
dormait ainsi, dans les bras l’une de l’autre. On n’avait pas besoin de
se dire « je t’aime », on le savait.

Ma mère réchauffa deux
tasses de chocolat chaud pendant que je m’installais sur la petite
table de la cuisine le plus près possible de la fenêtre. Dehors il
faisait toujours aussi
noir. Je n’aimais vraiment pas la nuit.
C’était sombre et inquiétant. J’aurais aimée savoir pourquoi j’avais
peur du noir. Et je n’avais jamais osé poser la question à ma mère de
peur de paraître ridicule. Ma mère vint s’asseoir en face de moi,
j’entourais ma tasse de mes deux mains pour capter un maximum de
chaleur.

« Ça ne va pas chérie ? »

Je pouvais sentir
dans sa voix qu’elle s’inquiétait réellement pour moi. Je devais avoir
une drôle d’expression pour qu’elle s’inquiète. J’étais rarement
silencieuse et quand je l’étais c’est que j’étais soucieuse. Et
d’habitude, elle ne faisait pas cas de mes silences.

« Si, si… C’est juste que je me demande… Est-ce que tu sais pourquoi j’ai autant peur du noir ? »

Je levais enfin les yeux vers ma mère, je voyais bien qu’elle ne connaissait pas la réponse.

«
Non ma chérie je ne sais pas… Tu as peut-être fait face à une grosse
frayeur étant petite mais en tout cas tu ne m’en n’as jamais parlé. »

J’avais
espérée qu’elle ait une réponse à ma peur mais non… rien. J’étais
obligée de vivre avec. Je commençais à siroter mon chocolat quand je
vis, par la fenêtre, quelque chose bouger de l’autre côté de la rue,
dans la pénombre. Je fixais la rue, espérant trouver le coupable.
C’était sûrement un chat ou un chien. C’était courant ici…

« - Et sinon, comment c’était ta soirée ?
- Très bien, on s’est bien amusées avec les filles… Bon je vais me coucher, je suis
crevée. »

Je
finis mon chocolat chaud d’un trait et posais la tasse dans l’évier. Je
montais en vitesse dans la salle de bain pour me déshabiller et me
glisser sous l’eau chaude. Je constatais avec joie que l’on voyait à
présent les marques de mon bikini. J’avais enfin réussi à bronzer au
bout de deux années d’acharnement. Il avait fallu que j’aille chez Lola
pour profiter de sa piscine avec les autres filles pour enfin bronzer.

Cinq
minutes plus tard, je sortais de la salle de bain, habillée de mon
pyjama d’été marron et rose. J’entrai dans ma chambre. J’aimais
vraiment ma chambre, je m’y sentais en sécurité. Comme si j’étais dans
une bulle. Un parfum aux agrumes flottait dans l’air. J’aimais ce
parfum, c’était mon préféré. Ma chambre était plus grande que la
cuisine. C’était vraiment immense. Mon regard glissa vers la fenêtre où
se trouvait le lit à baldaquin que mes parents m’avaient offert pour
mes quinze ans ainsi qu’une grande armoire et un tapis ovale, marron. À
gauche, se trouvait mon bureau. Je me revoyais assise devant à cinq ans
dessinant mes parents, à douze ans écrivant des lettres d’amour à mon
amoureux du moment. Je lâchai un soupire. C’était avant tout cela.
Maintenant j’avais beau être assez jolie, les garçons préféraient les
filles avec du charisme, des filles populaires. Je me dirigeai vers mon
canapé convertible qui était assorti à une table basse en fer forgé.
Combien de soirées pyjama avais-je organisées ces cinq dernières années
? Je ne les comptais plus. Je gardais en mémoire nos fous rires à
toutes les trois. D’ailleurs j’entendais encore quelques échos de ces
derniers. À mes huit ans, j’avais fait un caprice à mes parents pour
avoir une tapisserie représentant un cerisier en fleur avec des cerises
rouges. Ils avaient refusé. J’en avais tellement pleuré qu’ils avaient
fini par m’offrir un immense tableau de 150 par 150 représentant un
magnifique cerisier avec des fleurs roses et blanches, derrière un ciel
bleu pâle et à ces racines une pelouse bien verte.

Je remarquais
que ma mère avait déposé sur mon bureau les vêtements qu’elle avait dû
repasser pendant mon absence. Le linge sentait encore la douce odeur de
la lessive. Je rangeai rapidement le tout et me glissai dans mon lit,
puis je réglai mon réveil sur neuf heures du matin. Demain je devrais
retourner m’inscrire pour septembre et je ne voulais pas être en
retard. Je fixais le plafond repensant, malgré moi, au garçon que
j’avais rencontré tout à l’heure. J’espérais que le lendemain, il
serait lui aussi à la journée des inscriptions. Je fermai mes paupières
et me laissai porter vers le monde des songes.

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Cerise Desprès
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Re: Roman sans titre pour l'instant ^^

Message  Cerise Desprès le Jeu 11 Juin - 20:34

Chapitre 2 : Il s’appelle Stan


Ce
matin-là, je me levai dix minutes en retard, je sautai hors du lit et
j’enfilai en vitesse un jean et un gilet blanc sur un débardeur rose
pâle. Je me mis du mascara et du gloss, et je descendis dans la
cuisine. Je pris une pomme et mon sac à main puis je partis en
direction du lycée. Il me fallait vingt minutes pour l’atteindre en
marchant lentement. Sur le chemin, j’écoutais mes chansons préférées en
mangeant ma pomme. Le soleil était éclatant, le ciel était dénudé de
nuages. Le rêve. Mon portable sonna.

« - Allô ?
- Cerise ! C’est Lola ! Tu vas bien ?
- Aussi bien qu’une fille qui est rentrée toute seule chez elle, dans le noir, dis-je sèchement.
- Oh, allez ! Ne boude pas ! Tu sais bien qu’on ne pouvait pas faire autrement !
- …
- Au fait, tu vas à l’inscription ?
- Oui.
- On s’attend devant le portail ?
- Si tu veux. Par contre je serai là que dans 15 minutes.
- Pas de problème je t’attendrai ! Bisous, à toute ! »

J’étais
vraiment trop gentille avec elle ! Ça faisait presque cinq ans qu’on se
connaissait toutes les deux et j’avais la drôle d’impression que Lola
m’utilisait. Alex, elle, ne faisait que suivre. C’était une personne
très gentille, compréhensive et assez timide. On me disait souvent
naïve. J’avais peur que ce soit vrai… Peut être qu’un jour, je finirais
par savoir la vérité : si Lola m’utilisait, dans quel but ?
En
attendant, j’arrivais près du portail du lycée. Je vis Lola et
Alexandra en grande conversation sur la toute dernière mode. Moi, la
dernière mode je m’en fichais. Tant que je me sentais bien dans les
vêtements que je portais, ça allait.
Lola remarqua la première mon arrivée. Elles accoururent près de moi avec des sourires assez inquiétants.

« - Cerise ! Devine ce qu’on a prévu de faire cet après midi, avec toi ? m’annonça Alex.
- Je ne sais pas …
- Du shopping ma belle !
- Oui mais …
- Il y a pas de « mais » qui tienne ! La dernière fois tu t’es défilée, aujourd’hui tu viens avec nous ! me coupa Lola.
- Ce n’est pas possible !
- Et pourquoi donc ? demanda Lola.
-
Parce que j’ai promis à ma mère de l’aider aujourd’hui ! Hier, elle
s’est tapé tout le repassage ! Je suis désolée mais ça ne va pas être
possible pour aujourd’hui !
- Eh bien il est que dix heures moins le
quart et je pense qu’on peut faire un peu de shopping ce matin après
les inscriptions… Non ? tenta Alex.
- Très bien… mais je dois être rentrée pour treize heures trente au plus tard ! »

J’avais
encore capitulé devant leur insistance. Je les détestais. Elles
arrivaient toujours à me faire accepter n’importe quoi. Du shopping !
Je détestais le shopping ! J’aimais les vêtements mais j’aimerais
éviter la séance essayage qu’elles me faisaient subir à chaque fois.

Nous
nous dirigeâmes vers la salle de permanence où se dérouleraient les
inscriptions. La salle était presque vide. Ça tenait du miracle.
J’abandonnai mes amies pour m’asseoir à une table libre. Christophe, un
des surveillants, m’apporta les papiers à remplir. Je mis moins d’un
quart d’heure à remplir le tout. Je récupérai les habituels
chèques-livres et me dirigeai vers la sortie où m’attendaient Lola et
Alexandra. Je jetai un dernier coup d’œil vers la salle pleine. Il
n’était pas là. J’étais un peu déçue. J’avais peut-être rêvé sa
présence ? La fatigue m’avait sûrement joué un tour. Je rangeai mes
papiers dans mon sac à main et suivis mes amies. Nous nous dirigeâmes
vers le centre-ville. Ce n’était qu’à cinq minutes à pied. Arrivées sur
place, mes amies s’extasièrent devant les nouvelles collections de la
saison qui étaient en vitrine.

Nous finîmes par rentrer dans un
magasin. Mes partenaires de shopping se mirent dans la tête de
m’acheter un ensemble. Moi je vagabondais dans les rayons, je touchais
les vêtements. J’aimais toucher le tissu, mes préférés étaient la soie
et le cachemire. Alors que je venais de trouver un magnifique haut
violet, mon regard se posa sur les personnes qui venaient d’entrer dans
le magasin. Je remarquai en premier lieu une jeune fille d’une beauté à
en couper le souffle. Elle ressemblait à une poupée en porcelaine, ses
lèvres étaient rouges et ses yeux verts. Mais pas d’un vert forêt
habituel, ils étaient de la couleur d’une pomme verte en plein soleil
et ils brillaient. Elle semblait fière de cette entrée. Tous les
regards étaient posés sur elle. Elle avait un sourire suffisant. Mais
quelle prétentieuse ! C’en était vraiment écœurant ! Je détournai mon
regard de la jeune femme et continuai à inspecter le petit haut en
satin qui m’avait attirée.

J’aurais aimé pouvoir affirmer
qu’elle m’indifférait, mais je ne pus pas m’empêcher de la regarder
discrètement. Je la vis se diriger vers le rayon des robes de soirée.
Ses cheveux noirs ondulaient dans son dos. Elle portait un slim noir et
des chaussures à talons rouges assortis à un corset rouge sang
agrémenté de broderies noires. Lola et Alex accoururent en ma direction.

« Tu as vu ça ? » me demanda Lola, surexcitée.

Je lui adressai un regard noir. Elle me prenait pour une idiote ou quoi ?

« Tu peux me dire qui n’a pas remarqué une entrée pareille ?
- De quoi tu parles ? De cette pimbêche ? Non, moi, je te parle de cette petite robe blanche !
- Ah… »

Mes joues se colorèrent légèrement et je regardai la robe qu’elle me tendait. Elle était vraiment très jolie.

« Alors ? Elle te plaît ? me pressa Alex.
- Oui, elle est très belle.
- On te l’offre ! m’annonça Lola.
- Non ! Vous êtes folles ! Elle doit coûter une fortune !
- Pas vraiment… Neuf euros quatre-vingt dix…Divisé en deux ce n’est pas grand-chose, assura Alexandra.
- D’accord…»

Au fond ça m’embêtait un peu qu’elles me payent cette robe.

« Et puis t’as rien à dire ! D’habitude c’est toi qui dépenses ton argent pour nous ! »

Alexandra
était vraiment une fille adorable. Je lui souris et on se dirigea
toutes les trois vers les cabines d’essayage. J’entrais avec ma petite
robe. Heureusement la veille j’avais pensé à me raser les jambes. La
robe était assez vaporeuse, elle m’arrivait au niveau des genoux. Elle
était resserrée sous la poitrine par trois petites tresses en satin. Je
sortis de la cabine sous les yeux émerveillés de mes amies.

« Tu es magnifique ! m’assura Alex.
- Sublime… ajouta Lola.
- Bon ben je la prends ! »

Mes
deux amies étaient parties avec la robe pour la payer pendant que je me
changeais. Soudain j’entendis la voix grave du jeune homme de la
veille.

« Louise, dépêche-toi donc ! Charles nous attend depuis une demi-heure déjà !
- Oui j’arrive, j’arrive ! »

Je
pouvais très bien le voir de dos. Il portait une chemise noire à
manches courtes. J’étais fascinée par ses avant-bras. Je gravai dans ma
mémoire chaque ligne. Ses cheveux noirs de jais étaient coiffés en
piques.
Une jeune fille à peine plus jeune que moi se présenta
devant lui, elle lui montrait un nouvel ensemble dans les tons marron
et beiges. Ces cheveux étaient courts et noirs, ils encadraient
parfaitement son visage d’ange. Et faisaient ressortir ses yeux roses…
C’était vraiment inédit.

« Comment tu me trouves ?
- Très jolie ! Maintenant dépêche-toi, Charles nous attend !
- Charles, Charles ! Toujours Charles ! Tu m’énerves ! »

Elle entra de nouveau dans sa cabine, se rhabilla en vitesse et ressortit tout de suite après.

« On peut y aller maintenant, Stan ! »

Ils se dirigèrent tous les deux vers les caisses et j’en profitai pour rejoindre mes amies.
Elles
me reprochèrent d’avoir passé trop de temps aux cabines. Il était
presque onze heures. Je ne fis pas trop attention à leurs reproches et
je continuais de penser à mon bellâtre… Stan. Je me demandais si
c’était un diminutif ou son prénom… Peu importe, ce dont j’étais sûre
en tout cas c’était qu’il avait une petite amie qui s’appelait Louise.
J’étais un peu déçue qu’il soit déjà pris. Mais après tout, je ne le
connaissais pas… Je savais juste qu’il serait dans mon lycée pour sa
dernière année et qu’il était incroyablement beau. Rien que d’y penser,
j’avais déjà des étoiles dans les yeux.

« Tu pourrais nous écouter quand on te parle ! s’exclama Lola.
- Désolée j’étais dans mes pensées… dis-je, penaude.
- Je disais donc… As-tu vu le beau gosse qui est sorti du magasin avant toi ?
- Euh… non. Pourquoi ?
- Il était divinement beau ! Un dieu !
- Tu exagères…
- Non je t’assure qu’elle dit vrai ! m’assura Alex.
- Eh bien tant pis pour moi… On fait quoi ?
- On continue de faire du shopping ! décréta Lola. »


Et
les deux heures suivantes se déroulèrent ainsi. Pour une fois, je me
mis à apprécier le shopping. Parce que grâce à ça, j’avais besoin de
penser à autre chose qu’à Stan qui hantait désormais mon esprit. On
sortit d’une énième boutique les mains pleines de sacs. On avait fait
des folies. C’est alors que je me décidai à partir. Je regardai mes
amies.

« Bon, il faut que j’y aille…
- Quoi ? Maintenant ? Mais on vient à peine de commencer à faire du shopping ! s’offusqua Lola.
- T’exagère, là ! Ça fait plus de deux heures qu’on fait les boutiques ! »

Je soupirai de lassitude. À chaque fois c’était la même chose avec elles !
À force je n’écoutais plus leurs arguments. Ça ne servirait qu’à me faire culpabiliser de les abandonner, encore une fois…

Cela
faisait presque dix minutes que je tentais de convaincre mes amies que
je devais rentrer chez moi. Il était midi vingt. Heureusement que je
m’y étais prise en avance, sinon j’aurais été en retard.

Ma mère
m’avait laissée une note ce matin, sur la table de la cuisine, me
demandant de l’accompagner chez son frère. Je ne voyais mon oncle que
très rarement, malheureusement. Il était le plus jeune et le plus drôle
de mes oncles. Je l’adorais.

« Non franchement, vous exagérez les filles, là ! »

Je
commençais sérieusement à perdre patience. Il fallait tout le temps que
je cède à leurs caprices et moi je pouvais me gratter !

« Bon allez ! Sauve-toi ma p’tite chérie ! me lança Alex. On s’appelle ?
- Oui, promis ! »

Je
fis la bise à Lola et pris Mélanie dans mes bras. J’avais un besoin de
câlins constant. Lola avait toujours refusé de m’en faire. La première
fois que je lui en avais demandée, elle m’avait regardée de travers en
me lançant froidement : « Je ne suis pas lesbienne ! ». J’avais
soupiré, tout de suite les grands mots ! Non mais je vous jure !

Alexandra,
elle, avait très bien compris ce « besoin ». Pour elle j’étais une
sorte de femme-enfant. Femme en apparence, avec un cœur et une âme
d’enfant. Elle ne me refusait jamais un câlin. C’était quasi quotidien.
Je ne montrais pas mes sentiments en offrant des « je t’aime » et « je
t’adore » à tout va. Pour moi les gestes tendres laissaient passer
assez d’affection. J’avais toujours eu une réputation de lesbienne au
collège malgré le fait que j’ai eu des petits amis. D’ailleurs, j’avais
eu une période où je m’étais posé beaucoup de questions sur ma
sexualité. J’avais même envisagé d’être lesbienne. Mais désormais
j’étais sûre et certaine d’être hétéro. Et puis je m’en fichais pas mal
de ma réputation !

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Re: Roman sans titre pour l'instant ^^

Message  Cerise Desprès le Jeu 11 Juin - 20:35

Chapitre 2 : Il s’appelle Stan (suite)

Après
avoir dit au revoir à mes amies, je me dirigeais vers le lycée, qui
était sur le chemin pour rentrer chez moi. Alors que je n’étais qu’à
dix minutes de chez moi, je reçus un appel téléphonique sur mon
portable.

« Allô ?
- Cerise ? C’est maman ! C’est juste pour te prévenir que finalement je suis partie sans toi donc tu peux rester avec tes amies.
- Oh maman ! »

Je soupirais profondément. J’en avais marre qu’elle me prévienne toujours au dernier moment !

« Tu aurais pu prévenir plus tôt ! Repris-je sur un ton de reproche.
- Je suis vraiment désolée ma chérie, j’étais débordée !
- Je n’ai même pas les clefs de la maison sur moi…
- Je t’ai mis un trousseau de clefs dans la petite jardinière. Tu sais, celle qui est devant la maison.
- Oui, oui maman je vois… Bon je te laisse !
- D’accord bisous… Et au fait ! Je ne rentre que demain après midi !
- D’accord, à demain ! »

Bon
le côté positif c’était que j’allais avoir la maison pour moi toute
seule ce soir… Mais j’allais m’ennuyer. Une fois rentrée, je déposai
mes affaires dans ma chambre et me préparai à aller faire les courses.
C’était pas parce que maman n’était pas là que je devais mal me
nourrir. Je pris un peu d’argent dans l’enveloppe des courses située
dans une vieille boîte à gâteaux.

Je glissai l’argent dans ma
poche de jean et sortis de la maison en vitesse. Je me dirigeais vers
le centre-ville lorsque qu’une Porsche noire arriva droit devant moi.
Je reconnus à l’intérieur Stan et sa petite amie, mais je ne
connaissais pas l’homme aux cheveux châtains et coiffés en arrière. Il
paraissait aussi musclé qu’un athlète. Bizarrement Stan et Louise
n’étaient pas assis côte à côte sur la banquette arrière à s’embrasser
cheveux dans le vent.

Je fixais le beau brun sans aucune gêne.
C’était comme si je n’étais plus moi-même et que si j’arrêtais de le
regarder il disparaîtrait définitivement. Alors que je le dévisageais –
il fallait dire ce qui était – il tourna la tête vers moi pendant un
court instant dans un mouvement si imperceptible que je croyais avoir
hallucinée. Pendant ce court instant, nos yeux s’étaient rencontrés.
Son regard était si profond que j’en avais frissonné. Puis je regardai
la voiture partir au loin et tourner à droite. Je me rendis compte que
j’avais retenu mon souffle. Je laissai donc mes poumons reprendre de
l’oxygène avant de reprendre mon chemin. J’avais le cœur qui battait et
il ne reprit un rythme normal qu’au bout de dix minutes quand je
commençais à faire la liste des courses dans ma tête.

Heureusement
à cette heure-ci le supermarché était encore ouvert. Je pris un petit
panier à l’entrée et me dirigeai vers les rayons que je voulais. Je
récupérai ainsi les aliments dont j’avais besoin. Je faisais toujours
attention aux prix. Avec ma mère, nous n’étions pas riches mais pas non
plus pauvres. Mon père nous envoyait de l’argent pour payer les frais
scolaires ainsi que de l’argent de poche - qui allait directement sur
un compte – ma mère travaillait à mi-temps dans ce supermarché et
faisait le ménage chez des amis. Quant à moi, je travaillais un mois
pendant l’été. Mon père m’ayant promis de me payer le permis quelques
mois plus tôt, j’essayais d’économiser pour m’acheter une voiture.
Certes pour l’instant je n’avais nullement besoin d’une auto mais je
pensais à plus tard lorsque j’aurais du travail. Qui sait où j’en
trouverais ? Pour cet été, j’allais travailler dans un magasin de haute
couture. Ils avaient besoin d’une jeune fille assez mince au niveau de
la taille pour porter des robes de star – comme je les appelais – je
m’étais promenée dans ce magasin par hasard, il y a trois mois déjà.
Une vendeuse m’avait interpellée. Elle m’avait contournée me regardant
de haut en bas. Puis un sourire avait illuminé son visage et elle était
partie vers un homme d’une trentaine d’année. Les voyant m’observer
bizarrement, je m’étais dirigée vers eux, prête à leur dire ma façon de
penser.

« Excusez-moi monsieur… Est-ce que je peux savoir pourquoi vous me dévisagez comme cela ? »

J’avais contenu ma colère avec peine pour lui parler poliment.

«
Bien entendu ! Je me disais que vous seriez parfaite pour être mon
mannequin pour la nouvelle collection d’été » me dit-il sérieusement.

J’étais
interloquée. Comment ? Moi, mannequin ? Ça ne pouvait être vrai. Je me
trouvais jolie certes mais pas au point d’être mannequin.

« Quel âge as-tu petite ? »

Je me renfrognais au mot « petite ». Il rigola de mon expression d’un rire clair et si beau que mes yeux devinrent tendres.

« J’ai 17 ans.
- Est-ce que ça t’intéresserait de travailler pour moi cet été ?
- En quoi consisterait mon travail ?
- À te balader dans le magasin dans une tenue du magasin.
- Est-ce que je peux y réfléchir ?
- Bien sûr mais ne tarde pas trop… D’ici trois jours, je reprendrai les recherches pour une autre jeune fille.
- Très bien, je vous donne ma réponse demain en début d’après midi. Au revoir.
- Au revoir petite… »

Ma
mère avait sauté de joie quand je lui avais annoncé que je
travaillerais comme mannequin dans un magasin de haute couture. Elle
m’avait tout de suite donné sa permission et le lendemain j’étais allée
voir le patron pour annoncer ma décision. Nous parlâmes de mon salaire,
il me fit visiter le magasin ainsi que les vestiaires, il m’expliqua
qu’on me maquillerait et me coifferait. Je n’avais donc pas besoin de
venir maquillée et coiffée. Il me montra également les robes mais aussi
les tenues plus contemporaines que je mettrais sûrement tout le long du
mois.

Après avoir finis les courses, j’étais retournée chez
moi. Je me préparais une salade de tomates et d’œufs durs coupés en
rondelles. Je m’installais confortablement dans le salon devant la
télévision profitant de l’absence de ma mère pour regarder mes
émissions préférées. D’habitude, elle monopolisait la télé avec ses
séries à l’eau de rose.

Malgré le fait que je sois absorbée par l’émission, je m’ennuyais à en mourir.
Je
décidais de monter dans ma chambre. Je laverais la vaisselle demain
après le petit déjeuner. Une fois dans ma chambre j’allumais mes
lumières d’ambiance de couleurs différentes. J’aimais cette atmosphère
chaleureuse, magique… Je me sentais vraiment bien en cet instant. Je
m’assis à mon bureau. J’attrapais une feuille d’imprimante ainsi que
quelques crayons et une gomme. Je mis mes écouteurs sur mes oreilles et
cherchais une musique qui m’inspirerais. Je finis par craquer pour une
chanson aux tons orientaux. Ma main choisit le crayon le plus approprié
et j’attaquais mon dessin. J’avais un bon « coup de crayon » comme
disait mon professeur d’art appliqué. Ma main était légère et souple.
Quand l’inspiration venait, c’était assez dur de m’enlever le crayon
des mains. Les chansons défilaient, mes dessins aussi. Une danseuse
orientale, une fille en pleurs, Louise et … Lui. Je n’étais pas trop
douée pour dessinée les hommes mais lui c’était autre chose. Je me
rappelais de chaque pli de sa chemise, de chaque mouvement qu’il avait
fait. Je restais coite devant ce dessin là. Tellement réaliste,
tellement… unique. J’aurais pu m’imaginer qu’il bougeait. Enfin, je
détachais mes yeux de mon dessin. Il fallait que j’aille prendre une
bonne douche chaude.

L’eau glissait le long de mon corps.
L’eau chaude me relaxait, ma tête se vidait de tout souci. Puis,
sentant que j’allais m’endormir debout, je m’essuyais rapidement et
séchait mes cheveux du mieux que je pouvais en un minimum de temps. Je
m’habillais de ma tenue de nuit en vitesse et je partis me glisser dans
mon lit. J’éteignis les lumières d’ambiance. A présent il faisait noir
dans ma chambre mais je n’avais pas peur. Dans mon lit, je me sentais
en sécurité comme dans un cocon. Morphée ne tarda pas à m’enlacer comme
une mère l’aurait fait avec sa fille.

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Cerise Desprès
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Re: Roman sans titre pour l'instant ^^

Message  Cerise Desprès le Jeu 11 Juin - 20:48

Chapitre 3 : Des gens pas comme moi

Je ne savais pas où j’étais ni
comment j’étais arrivée là. Tout ce que je savais, c’était que j’avais mon
regard ancré dans celui d’un homme aux yeux turquoise. Ils me rappelèrent ceux
de Stan mais je repoussai cette idée. Il n’était pas bon pour ma santé mentale
de trop penser à lui. J’en avais l’intime conviction. L’homme toucha ma joue du
bout des doigts, sa main était glacée et ma peau brûlante. On devait être en
hiver et je devais rougir. J’essayais de me convaincre de ça mais je me
demandais : pourquoi ? Pourquoi mon inconscient m’avait-t-il projetée
en plein hiver ? C’était complètement stupide ! Mais alors, pourquoi
est-ce qu’il avait sa main de froide si nous n’étions pas en hiver ?

Je m’apprêtais à lui poser ces
questions quand un faisceau de lumière lunaire lui caressa le visage. C’était
bien Stan. Je retins mon souffle lorsqu’il posa son index sur ma bouche
entrouverte. Des frissons me parcoururent l’échine. Il pencha légèrement sa
tête sur le côté et sourit. Aucune ride n’apparut au coin de ses yeux. Comme si
le temps n’avait aucun impact sur lui. Si seulement… Mais cela n’était pas
possible. Tous les humains avaient un jour ou l’autre des rides. Peut-être
avait-il une crème miracle ?

Pendant tout ce temps il
m’observait puis d’un coup il se mit à avancer sa bouche près de la mienne. Mon
cœur battait la chamade, j’avais peur à ce moment de mourir tellement mon cœur
allait vite. Il n’était pas habitué à cette cadence. Malheureusement je n’eus
pas la chance de recevoir ce baiser. Il avait embrassé ma joue puis avait fait
glissé ses lèvres sur ma peau avec une douce lenteur jusqu’à mon cou. C’est a
se moment précis que mon inconscient décida de me réveiller dans ma chambre.
Mon réveil indiquait qu’il était près de quatre heures trente du matin. Je
poussais un soupir à m’en fendre l’âme. Ça avait l’air tellement réel…

Je me rallongeai dans mon lit, espérant me rendormir et
continuer ce merveilleux rêve. Malheureusement les minutes passèrent et je ne
réussis pas à me rendormir. J’allumai ma lampe de chevet et attrapai mon MP3.
Je restais allongée en boule écoutant mes chansons favorites. Puis, enfin
fatiguée, j’éteignis le baladeur et fermai les yeux. Je m’étais rendormie, ça
c’était sûr, mais je ne revis pas Stan. Lorsque je me réveillais ensuite, il était près de onze heures du matin. Il
n’était pas assez tôt pour un petit-déjeuner ni assez tard pour déjeuner.
J’attendis patiemment midi devant mon ordinateur. Je jouais à des jeux
inutiles, parlais à des personnes que je ne verrais sûrement jamais. Bref, ma
vie sur Internet était inutile, mais n’étant que très peu sociable, je me
contentais d’Internet. Mais en vérité,
mes vrais et seuls amis, je les avais connus grâce à Internet.

Je pouvais tout leur dire, mes soucis,
mes projets, mes béguins. C’étaient mes confidents, mes meilleurs amis. J’avais
une relation unique avec chacun d’eux.

À cette heure-ci,
malheureusement, ils n’étaient jamais connectés. Je poussai un soupire. Je
détestais m’ennuyer. Je mis mon statut en hors ligne pour ne pas qu’on me
dérange et descendis dans la cuisine. Les couleurs étaient chaudes, ma mère
aimait le sud et ça se voyait. Les murs étaient peints dans les
tons jaunes et orangés, les meubles étaient en bois clair.
Je remarquai la vaisselle que
j’avais lâchement abandonnée la veille dans l’évier. J’attrapai une boîte de
haricots verts ainsi qu’un steak haché du congélateur. C’était simple, chaud et
délicieux. Certains adolescents étaient assez difficiles sur la nourriture.
Moi, à part le maïs, je mangeais de tout.

Pendant que mes haricots
s’égouttaient, je fis chauffer une petite poêle avec une noisette de beurre.
Une fois mon steak haché cuit, je mis mes haricots dans la poêle. J’ajoutai
également un peu d’ail et des herbes de Provence. Je m’installai en face de la
télévision comme hier soir et attaquai mon assiette devant le journal. Un
article m’intrigua.


Dernière édition par Cerise Desprès le Jeu 11 Juin - 20:50, édité 1 fois

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Cerise Desprès
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Re: Roman sans titre pour l'instant ^^

Message  Cerise Desprès le Jeu 11 Juin - 20:49

Chapitre 3 : Des gens pas comme moi (suite)

Meurtres en
série


Dans les Pyrénées-Orientales à Perpignan, huit
meurtres en cinq jours ont eu lieu. Tous des SDF. D’après la police criminelle,
ils auraient été vidés de leur sang puis égorgés alors qu’ils étaient déjà
morts
.

A peine avoir lut ces quelques
mots, je reposais le journal. Sur la table basse du salon. Huit meurtres en
cinq jours seulement. Soit ils étaient plusieurs soit c’était un monstre sans
cœur. Dans les deux cas, ça ne me concernais en rien donc je continuais à
manger mon repas tranquillement. Puis je fis la vaisselle et sortis de chez moi
en vitesse. Aujourd’hui j’allais profiter de mon après midi pour me balader
en pleine nature. Voilà quelques temps
que j’avais envie d’aller faire un tour dans la forêt. J’aimais m’y promener
sans but précis, ramassant les fleurs sauvages. J’avais mis mes vieilles
baskets ainsi que de vieux vêtements sans pour autant ressembler à une SDF. Je
n’avais pris avec moi que mes clefs, une petite bouteille d’eau, des gâteaux et
mon portable.

La forêt de Perdinan ne se
trouvait qu’à quinze minutes de chez moi. J’y allais souvent à pieds. Il
existait là-bas une petite prairie. Celle-ci avait quelque chose de surnaturel.
Je n’arrivais pas à décrire cette impression que j’avais. Je ne pensai pas que
la langue française contiendrait des mots assez forts pour décrire ce lieu. Une
fois arrivée près de la prairie, j’aperçue allongé sur le ventre, un homme. Je
ne le voyais que de dos mais il ressemblait fortement à Stan… sauf pour la
couleur des cheveux. Ceux de Stan étaient bruns alors que l’homme face à moi
avait les cheveux châtains. Ne voulant
pas le déranger, je lui tournais le dos, pour retournée chez moi.

« Aïe ! »

Je m’étais pris une branche dans
la figure en me retournant trop rapidement. Le jeune arriva à moi à peine cinq
secondes après. Je me tournais vers lui.
Je remarquais qu’il avait laissé son livre par terre, une plume noir en guise
de marque page. C’était original…

L’homme qui se tenait face à moi
n’était autre que le conducteur de la Porsche de la veille. Il était aussi
difficile à décrire que le lieu où nous étions. Il ressemblait à Stan sans lui
ressembler. C’était assez étrange.

« Vous vous êtes fait mal, mademoiselle ? S’inquiéta-t-il »

Du moins c’est l’impression que
j’avais. La tête penchée sur le coté, les sourcils froncés. Puis d’un seul coup
son visage se ferma de toutes émotions, les lèvres pincées il ajouta en
pointant ma joue droite du doigt :

« Vous devriez allée soigner ça, vous saigniez. »

Je me touchais la joue de la main
puis la regarda. J’avais quelques taches de sang dessus, rien de bien
inquiétant.

« Ce n’est rien. Juste une petite entaille. »

Je sortis un mouchoir de mon sac
ainsi qu’un petit miroir de poche. J’essuyais ma joue puis ma main. Lorsque je
levais les yeux quelques instants après, il n’était plus là. Il n’avait pas
récupéré son livre. Je fronçais les sourcils. Qu’avaient-ils donc tous à partir
sans dire au revoir ? Je récupérais le roman et me mis en route pour
retournée chez moi. A présent je n’avais plus envie de m’allonger au soleil et
m’endormir ainsi jusqu’au soir.

Je jetais un dernier regard à là
où l’homme s’était allongé pour lire. Je remarquais que la terre était plus
enfoncée à cet endroit là. Pourtant la terre était dur à cette saison. Je
secouais légèrement la tête. Je n’avais pas envie de me poser un tas de
questions maintenant.

Je rangeais le livre dans mon sac
puis pris le chemin habituel pour me diriger vers le lac. Ca n’avait durée que
quelques secondes entre le moment où j’avais aperçue l’homme et où il avait
disparu. C’était assez perturbant de ne pas savoir pourquoi ils partaient si
vite en ma présence. Malgré ma bonne volonté pour ne pas penser à eux, leurs
visages s’imposaient d’eux-mêmes comme si quelqu’un m’obliger à penser
constamment à eux. C’était assez agaçant. J’essayais de me concentrer sur les
achats que je devais faire pour la rentrée. Mais bientôt l’image de Stan au
lycée hanta mon esprit. J’en avais mal à la tête tellement l’image s’imposait
d’elle-même. Je deviendrais folle à ce rythme.

Les flashs s’imposaient d’eux
même. Tout mon corps était pris de tremblements incontrôlables. Je n’arrivais
pas à contrôler les émotions qui s’emparaient de moi de force. Je pouvais être
à la fois heureuse et malheureuse. Des images qui n’avaient rien à voir avec
mes souvenirs me parvenaient. Par moment je ne voyais qu’un aplat de couleurs,
comme si un enfant s’était amusé à gâcher un tableau avec de la peinture. Je ne
savais plus où j’étais. Mes larmes traçaient des sillons sur mon visage et je
ne le remarquais que lorsque j’abatis mes poings contre mes yeux. Je tombais à
genoux et criais pour couvrir le brouhaha que j’entendais autour de moi. D’un
coup je fus épuisée, ma tête me tournait, je me sentis tomber et Morphée me
rattrapa avant que mon corps s’écrase contre le sol terreux.

Autour de moi tout n’était que
brume blanche et grise. Rien d’inquiétant, j’avais surtout l’impression d’être
sereine comme si la mort m’avait enfin ouvert ses bras. Je ne cherchais pas à
mourir, loin de là, mais mourir me semble plus facile que vivre. Le jour où je
devais mourir j’aimerais regarder la mort en face, dans les yeux. Je n’ais pas
peur de mourir. Pour moi la mort est le début d’une autre vie. Je remarquais
que la brume était moins épaisse qu’au début et j’entendais des voix au loin
qui se faisaient de plus en plus clair.

« … Pas dû la ramener ici, Charles ! Siffla une voix qui semblait être celle de Stan

- Tu voulais que je la laisse dans les bois ? Demanda Charles calmement, Quiconque aurait pu l’attaquer, Stan !
- Qui voudrait attaquer une fille comme elle ?
- Je ne sais pas moi… Crystal peut être ? Lui répondit son frère, narquois
- Je vois pas pourquoi ! Dit Stan froidement »





Je jugeais en avoir assez
entendue alors j’ouvris les paupières mais la lumière me fit mal et je gémis.
Quelqu’un éteignit la lumière et alluma une petite lampe derrière moi. Une
femme s’approcha de moi. Ce que je remarquais en premier était la tendresse qui
émanait de ses yeux. Elle avait les cheveux longs et bruns, sa frange droite, à
peine au-dessus des ses fins sourcils. Ses yeux étaient chocolat avec une
touche d’orangé près de la pupille, ses lèvres rouges. J’étais pourtant
certaine qu’il n’y avait pas de rouge à lèvres sur celles-ci.

« Je m’appelle Eléonore, voici Henri mon mari, Charles et Stanislas
mes deux fils et Louise ma fille. Comment t’appelles-tu ?
»

Pendant qu’elle me présentait sa
famille, j’avais minutieusement observés chaque personne. Son mari avait les
yeux gris argentés, les cheveux blond foncés et ces traits étaient froid. Il
m’avait simple fait un signe de tête lorsque sa femme avait citée son prénom.
Cette fois-ci Louise portait une robe vaporeuse noire remuant dans tous les sens
alors qu’il n’y avait pas de vent. Stan … Stanislas. Je fus tellement contente
d’apprendre enfin son prénom entier que je ne remarquais même pas s’il me
regardait ou même comment il était vêtu. Quant à Charles ses yeux vert pomme me
transpercèrent me donnant la désagréable impression de passer au rayon x.

« Je m’appelle Cerise …Qu’est ce qui s’est passé ? »

Ma voix était un peu plus aigue que d’habitude. Ils durent prendre ça
pour de la peur car Louise me sourit et me lança en rigolant :

« Ne t’inquiète pas Cerise on ne va pas te mordre… »

Sa voix n’était qu’une douce
mélodie, une sorte de berceuse sur laquelle on endort les bébés. Je fronçais
les sourcils. Ses frères la fusillaient du regard pendant qu’elle rigolait
silencieusement. Comme si elle venait de dire quelque chose d’interdit mais
elle s’en moquait. Je remarquais qu’elle était pied nu. Elle se mit sur la
pointe des pieds et partit dans une pièce annexe. J’essayais de me relever pour
partir mais Eléonore me força à rester allongée.

« Charles t’a entendu hurlée et quand il est arrivé tu t’évanouissais.
Puis il t’as ramené à la maison …Maintenant tu dois te reposée ma petite.»


Son ton était maternel, aimant
que je n’eu pas le courage de mettre plus vigueur dans ma voix pour dire cette
simple phrase :

« Je ne suis plus une enfant ! J’ai dix-sept ans et demie… »

Je m’aperçue que j’avais eu un
ton légèrement boudeur. Ils rirent tous à ma réplique sauf Henri. Cela me
blessais. Pourquoi tant de froideur envers moi ?

« Certes mais tu as tout de même besoin de sommeil après ce qui s’est
passé tout à l’heure. Essaye de dormir maintenant.

- Mais je ne peux
pas ! Il faut que je rentre chez moi, ma mère va s’inquiéter.
»

L’utilisation du
« certes » me fit comprendre que c’était une famille avec une
éducation plus poussée que la mienne. Je vais peut être devoir enrichir mon
vocabulaire pour lui… Ou peut être pas… après tout il n’aura qu’à me prendre
comme je suis. Autant avec mes qualités qu’avec mes défauts. J’oubliais qu’il
ne s’intéressait même pas à moi. Mes yeux devinrent tristes. Eléonore
m’observait minutieusement.





« Veux-tu que je la prévienne que tu es ici ?


-
Non ça ira, quand
est ce que je pourrais rentrée chez moi ?
»





Je n’étais pas une fille qui me
rebellait contre l’autorité parentale et ce même si ce n’était pas mes parents.
J’avais le respect des aînés. Je faisais facilement confiance à une personne…
malheureusement pour moi cela me causait beaucoup d’ennuis. On m’avait souvent
embobinée avec de belles paroles et le pire dans tout cela c’est que je donnais
toujours ma confiance aux personnes comme si je n’arrivais pas à retenir la
leçon.


Et je sentis qu’avec Eléonore ma
confiance en elle augmentait de minute en minute. Sa beauté, sa gentillesse,
ses airs maternelle… Je retrouvais en elle un peu de ma mère.





« A quoi pense-tu Cerise ? Me demanda-t-elle


-
Je me disais que
vous ressembliez beaucoup à ma mère…
Dis-je les yeux dans le vague


-
Est-ce un
compliment ? »






Je ne répondis pas tout de suite.
Mes pensées ciblaient ma mère. Elle avait toujours été là pour moi. Toujours
très douce, tendre, gentille et incroyablement tolérante.





« Je pense que oui… vous pouvez prendre ça pour un compliment.


-
Alors je te
remercie Cerise.
»





Nous nous sourîmes. Elle me prit
la main et me la baisa.





« Je t’aime déjà comme ma fille Cerise. Dors maintenant. »





La seule question qui me traversa
l’esprit avant de m’endormir profondément était : Pourquoi m’a-t-elle dit
ça ? Dans mon rêve je me trouvais dans le salon d’Eléonore. Louise dansait
avec Stanislas. On aurait dit qu’elle ne touchait pas le sol, que Stan la
surélevait à la force de ces bras. Et ils tournoyaient ainsi. Henri et Charles étaient assis à la table, leurs
coudes avants bras se touchaient tellement ils étaient près l’un de l’autre.
Ils ne cessaient de me regarder comme s’ils essayaient de me faire comprendre
quelque chose d’important, de grave. Eléonore et moi, étions sur le canapé,
elle regardait ces deux enfants danser et moi je les regardais tous. Et plus je
les regardais et plus il me semblait qu’ils étaient vides. Ils étaient vides de
toutes expressions. Comme si on leurs avaient fait subir un lavage de cerveau.
Ils n’étaient des personnes sans vie, sans âmes. Et j’étais horrifiée face à
cela. Est-ce que moi aussi je deviendrais comme ça ?

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